S'ouvre une grotte
By François Thiéry-Mourelet / Translated By Charles Rice-Davis
Issue 002: Gravity
On the steps, to the river’s left,
A bored and solitary boy. Marbles collide
Like children circling and smacking each other, one
Another and oneself. He eats dirt,
Chucks marbles one by one into the green water.
Rolls a marble, rolls it and the shoemaker’s storefront appears.
Cradled in cushions, cheek to arm,
I bundle up nothings, bloodshot memories
As a small extermination is prepared.
Left to their devices, dogs become wolves.
I’m the poet of fortune, and in my slumping head
The water’s chop laps velvetly, splashing torpors and envies
—at the strake’s edge, a natted lock of hair is floating—
Heartbreaks, spoilt victories, diversions.
Like molars, the pontoons split apart,
Where swaying ships slip by the others;
Red, brown, stinking, their boards spread.
I trust myself as little as the tooth-pullers
Of two or three blended legends:
There’s no reason to run a little, or not at all.
At the back of the tilted skull a grotto opens.
Winds and furrows shape the rocks;
Small stocks, pyrites, strata of clay,
Sketch fantastical animals, outstretched hands
Or even clear moments, crystalline.
These frescoes call to my mind Brise,
And how can I help it when the wind’s name sounds like Brise?
Cheek on elbow, tingling, I nod off,
As the small extermination is prepared.
I conjure beaches, forests, terraces—
Unkempt, ramshackle, squashed
As with wine, powder, or grass.
A light nausea sets in. My pulse quickens.
S’OUVRE UNE GROTTE
Sur des marches, à gauche du fleuve,
Un garçon s’ennuie solitaire. Les billes claquent
Comme se boutent des enfants sur d’autres, sur . . .
Sur un autre, sur lui. Il mange la terre,
Lâche les billes une à une dans l’eau verte.
Roule la bille, roule et la face du cordonnier apparaît.
Calé dans les coussins, la joue sur un coude, J’entortille les riens, les souvenirs veinules
Tandis que se prépare une petite extermination:
Les chiens sont loups entre eux.
Je suis l’écriturier et, dans ma tête penchue,
Le clapot velours s’ourle de tiédeurs, d’envies
—À la lisière du liston flotte une tignasse—
De tristesses, de réussites perdues et de drôleries.
Comme des molaires, se déchaussent les pontons
Où les barques s’évitent dans leur balancement;
Rouges, brunes, puantes, leurs planches s’écartent.
Je me méfie autant des arracheurs de dents
Que des légendes par deux ou trois mêlées:
Il n’y a aucune raison de courir un peu ou pas.
Au fond du crâne oblique s’ouvre une grotte.
Les vents, les gouttières y façonnent la roche;
Les bosses ou les pyrites, les strates d’argile
Dessinent des animaux fabuleux, des mains tendues
Ou bien des moments transparents, calcitiques.
Ces fresques m’évoquent Brise,
Et qu’y puis-je si Brise s’appelle comme le vent?
La joue sur un coude endormi, je somnole,
Alors que se prépare une petite extermination.
Je rêvasse de plages, de forêts, de terrasses,
Dans un état d’abandon, d’hébétude, de planage
Comme avec le vin, la poudre ou l’herbe.
Une nausée légère enfle et le pouls s’accélère.
François Thiéry-Mourelet is the General Secretary of the Société des Gens de Lettres, France’s association of authors. A former reporter and a seasoned sailor, he has published numerous novels and plays. His poetry collection Brise dans le miroir / Brise in the Mirror (Sans Escale, 2022), from which this poem is extracted, is a decades-long composition of 89 cantos, received the Prix Jeanne Marvig. Charles Rice-Davis published the first English-language translation of Haitian poet Coutechève Lavoie Aupont, winner of the Prix René Philoctève and Prix Dominique Batraville. He has also translated uncollected poems by Mário de Sá-Carneiro and Nguyễn Trọng Hiệp’s Paris, capitale de la France / 大法國玻璃都城襍詠. He teaches in the programs of French and Intercultural Communication at Victoria University of Wellington / Te Herenga Waka in New Zealand.
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